Équilibre & Austérité

… et me voilà revenu, après les adieux, face à l’espace nouvellement fait.
C’est toujours un moment de grande découverte, quand on sent que l’autre avait pris une telle place, immense, comme un pièce unique du paysage.
On sent la brûlure de cet espace, qui résonne comme un potentiel nouveau, violent, incertain.
À la fois redoutable et agréable, un défi au goût d’hier comme de demain.

Tout est changement, tout va dans un sens impénétrable au final: je vois le flux qui m’emporte et ne me laisse pas paisible, alors que mon caprice l’exige. Les choses changent, invariablement.

Où pointe mon nez, face à l’obscurité? Où vont les heures suivantes? Et la morsure du silence, dans un soir qui ne m’apporte aucune présence calmant l’angoisse du néant?
Voilà ce fantôme illusoire qui sonne encore, alors que quelques minutes ont passé sans un parfum.

Ce qui m’attache aussi m’enferme: je n’oublie pas cet éternel refrain…

Cependant, aussi je file, et je vais vite. Si bien que beaucoup m’effleurent. Je voudrais ralentir sans trop me perdre à me fixer. L’arrosé arrose.
Devant ces difficultés, reste à me dire que le temps me guide.
Autant espérer.

Vie, accorde moi la paix de n’être jamais un roc solide et sec où des panneaux s’accrochent.
Laisse-moi emprunter ce luxe d’être homme parmi les hommes, humble d’un humus fait d’imperfections souveraines, de fautes ouvrantes, pour conserver mouvement et liberté.
Laisse ouvert le chemin pour que le chemin m’ouvre.

 

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