Je suis parti un jour en Islande, à la découverte du vide, d’un espace assez grand pour y trouver un point au centre, tout près du cœur, des tripes.
Durant le cheminement, nous avons croisé des lieux grandioses et terribles, comme au commencement du monde.
Fouler l’Islande, c’était découvrir une terre à la fois jeune et extrêmement vieille, qui tolérait les hommes sans s’y soumettre, jamais.

Quelque chose d’infernal parfois. Je n’ai pas retrouvé cela ailleurs.
Dedans la nature et les hommes qui s’y sont installés, évidemment différents de ce que nous sommes.
Il y sont simples jusqu’à l’austérité, silencieux, surtout sur les highlands. On dirait qu’ils écoutent en permanence leur monde, comme pour prévenir des prochains caprices, toujours couteux.
Transports en commun
Photo: Mickael Giraud
Plus je marchais, plus je me sentais pétri, brassé par l’immense simplicité archaïque de l’endroit, où destruction et naissance se côtoyaient dans leur plus simple appareil, sans symbole ou idée, mais dans une réalité pure.
Il n’y avait alors dans ce désert froid aucun arbre pour nous cacher de cette présence immortelle, jamais morte, jamais née, et qui déambulait de la Terre au Ciel.
J’hésitais à me plonger dans son regard sans âge pour recevoir son message, sa marque d’humilité au fer rouge de l’expérience.
Nous, seuls, ne sommes rien, de la Terre à la Terre et c’est tout.
Passade lunaire.
Un jour on m’a dit que le mot “humain” et “humilité” partagent la même racine étymologique: humus, “de la terre”.
Être humain, c’est peut-être ce moment où l’on commence à sentir pleinement cette appartenance qui sort des limites de nous-même et qui revient à l’essentiel.
C’est peut-être cela, vivre une révolution.


Je ne sais plus où a commencé le chemin. Mes pas dans la poussière m’ont embarqué jusqu’ici. Une promenade où les chemins internes et externes s’entremêlent. Le vide devient plein pour donner naissance au vide, jamais complètement l’un, toujours au deux relié pour
l’ éternité du mouvement.
merci pour cette danse avec le TAO.
Sylvie Sigaroudi
Merci pour tes pas Sylvie 🙂