Ding Shi or Fixed Pattern circle walking is perhaps the key foundational practice in Bagua Zhang. Ding means “fixed” or “definite”, and at the same it conveys a sense of calm stability. Shi means posture or pattern.
Thinking of the Eight Ding Shi as patterns of interconnected and interacting body alignments is more useful than thinking of them as external postures.Understanding the Ding Shi as “Body Patterns” will aid you in performing Ding Shi Ba Gua correctly and help you to understand its role as the primary Ba Gua Nei Gong exercise.
The pattern, in the context of Ba Gua and Nei Gong , includes an interweaving of the body alignments, the intention, the Qi and the Jin (vigor, power, strengh).
– Tom Bisio – Ba Gua Circle Walking Nei Gong.
Cette citation exprime ce que je cherche principalement dans la pratique du Ba Gua Zhang: une étude de l’interne et des structures fondamentales du corps.
Ma mise en mouvement dans cette voie n’a jamais été la partie défensive du système. Comme je l’ai dit dans un autre article, je ne suis pas contre et je n’ai en vérité aucun pré-avis sur l’héritage de cette boxe. Simplement, à ce moment de ma vie, je suis intéressé par une compréhension profonde du corps et non premièrement par les interactions externes.
Le Ding Shi du Bagua Nei Gong propose une série de huit postures plus une. Chacune d’elle favorise et stimule une part des mouvements biodynamiques du corps humain. Ces mouvements on été reconnus et repérés par les sciences extrême orientales; elles nous ont été transmise par la culture chinoise: c’est le système des jingluo.

Une “carte” détaillée a été produite et nous permet de percevoir leur trajets, leurs croisement et leur zones d’influence.
Ces canaux ont a priori un rôle de communication et de mouvement, ils lient les différentes fonctions et parties physiques du corps. Selon la grille de lecture chinoise, les aspects pathogènes comme physiologiques empruntent ces voies: on peut donc les utiliser pour se nourrir comme pour évacuer le nuisible.
Les pratiquants de Nei Gong ont remarqué que ces canaux suivent les axes fondamentaux permettant le mouvement comme l’équilibre statique. Certains même disent que ces canaux sont les axes eux-mêmes.
La médecine chinoise tend à corroborer ces dires, liant les couches profondes des canaux d’acupuncture aux couches superficielles et musculaires.

Base de Huit et Canaux Bio Dynamiques
Voici les noms des huit postures: a priori, elles diffèrent légèrement selon les écoles. J’écris ici les noms qui m’ont été donnés. J’ai essayé de traduire ces noms à partir de ce qui m’a été précisé en anglais. En dessous, vous trouverez les canaux et merveilleux vaisseaux concernés dans leur exécution.
Attention: la traduction française est volontairement littérale. Tout simplement car je ne pense pas pouvoir traduire vraiment le chinois. De plus, j’ai pris un peu l’habitude des “jeux de mots” et références culturelles exclusives présentes dans les titres et nomenclatures extrême-orientales. Je temporise, laissant mes professeurs m’apporter un jour des explications utiles sur le sujet.
Xia Chen Zhang: “Les paumes s’écoulent au sol”
(Ren Mai, Du Mai, Chong Mai)
Bao Yue Zhang: “Les paumes enserrent la Lune”
(Grands Canaux Tai Yin et Jue Yin)
Tuo Tian Zhang: “Les paumes maintiennent le Ciel”
(Grand Canal Yang Ming)
Gun Qiu Zhang: “Les paumes font rouler le ballon”
(Jue Yin de Main: Péricarde et Shao Yang de Main: Triple Réchauffeur)
Qiang Tuo Zhang: ” Les paumes maintiennent la lance”
(Grand Canal Tai Yang & Shao Yin)
Zhi Tian Hua Di Zhang: “Les paumes pointent la direction du ciel et tracent sur le sol”
(Yin Qiao Mai, Yang Qiao Mai & Shao Yang de Jambe: Vésicule Biliaire)
Yin Yang Yue Zhang = Yin Yang Fish Palm.
(Dai Mai & Bao Mai)
Tui Mo Zhang: “Les paumes poussent la meule”.
(Yang Wei Mai & Yin Wei Mai)
A cela est ajoutée une posture, en rapport avec l’expérience personnelle du professeur dont je dépends:
Xian Tao Zhang: Les paumes offrent le fruit (la pêche).
(Ren Mai, Du Mai & Chong Mai)
Après quelques heures de pratique, on prend conscience de l’utilité du Ding Shi en terme de transformation du corps et du mental.
A ce moment de ma pratique je peux témoigner que:
- La marche circulaire renforce notre aptitude à ressentir les divers mouvements autour de soi.
- Les postures affinent la proprioception.
- La pratique régulière déverrouille les zones articulaires peu empruntées, chauffe les membres et fait circuler le sang.
- Le mouvement permet d’identifier de nombreux points d’équilibre, de développer une discrimination utile des raideurs et souplesses physiques comme mentales.
- L’aspect circulaire de la pratique dérange autant qu’elle inspire: on se sent porté mais dans une cadre qui tranche avec les habitudes.
- Les effets de la marche se poursuivent après la pratique, les jours suivants.
- Le ding shi est une véritable cure mentale, qui mène au fil des jours à un vide mental bienfaisant.
- Le ding shi est un “filtre impitoyable”: dans le sens qu’il ne ment pas et nous confronte dès le départ à “tout ce qui ne va pas” en nous. La sensibilité progressant en outre, avec le temps, les “thèmes” personnels à étudier s’étoffent et s’affinent: question de sincérité et d’acceptation décomplexée.
Car la détente demandée dans des mouvements a priori peu confortables est un vrai challenge qui demande du temps et apporte parfois des moments de frustration. Pour ma part, c’est très laborieux…
Le Bagua Nei Gong apprend donc la stabilité, le mouvement mais paradoxalement une certaine “immobilité”: le terme anglais “stillness” me semble en fait adéquat et en même temps difficile à exprimer en français. Immobilité dans le mouvement: joli paradoxe oui, et pourtant, il y a quelque chose…
Bienfaisance.
Soyez bons avec vous-même: qui comprend cela?
Pascal Jauffret disait cela lors de mon dernier stage de Zheng Gu Tui Na.
Oui, j’ai entendu et je comprends un peu, mais de là à en avoir saisi tous les aspects… Entendre ne signifie pas comprendre obligatoirement.
En vérité, je n’ai plus très envie de comprendre pleinement ce qui m’est dit ou de faire des efforts bâtis sur des espoirs lointains. Je commence à apprécier plus le processus des choses que leurs objectifs, brûlants, passionnés: pleins de bruits et de fureur mais ne reposant jamais vraiment l’âme. Je dois devenir moins fulminant (certains disent que je vieillis 🙂 )
J’aime donc l’idée de me laisser chaque jour quelques petites choses à voir pour demain, garnir de “mais” et de “peut-être” toutes les actions et résolutions du jour. Je pense que vivre à 100% dépend de nos exigences et valeurs: elles sont fluctuantes, elles dépendent de l’instant. J’aime ce mystère qui consiste à vivre sans trop être définitif.
A l’image du Ba Gua de la Terre, me laisser imparfait et donc bougeant. Imparfait et donc évoluant.
Libre de principes et de valeurs inutiles.

Je trace donc une proposition de pratique en ce monde: je ne fais pas que la tracer intérieurement. A force de marcher, je fais un sillon bien marqué autour du tilleul de ma maison 🙂
Certaines plantes ont besoin d’un tuteur pour pousser; j’ai besoin alors d’un tilleul pour continuer à me montrer comment la plus belle rectitude n’est jamais rigide sous le Ciel.

