Envolées

J’ai pris il y a peu connaissance du travail de Sergei Polunin.

L’individu m’a impressionné par l’incroyable légèreté de sa gestuelle et par ses déplacements. Certains même le comparent au nouveau Nijinsky, danseur légendaire resté dans l’Histoire.

Je suis loin d’être légitime pour exprimer une quelconque analyse, ceci dit j’ai clairement été touché par l’originalité de la chorégraphie ci-dessous, conçue pour le clip de Hozier.

Si le Ballet n’est vraiment pas ce qui m’intéresse le plus en terme de pratique artistique,  si généralement je ne me sens vraiment pas concerné, je reste admiratif et respectueux de la discipline, de la finesse et de l’expression développées par la danse classique. Je ne pense pas pouvoir estimer le temps et la résilience nécessaire pour une telle maîtrise.

Percevant quelque peu les mécaniques physiques, je peux comprendre la nécessité d’une harmonie hors-normes dans le domaine

Raison de plus pour “rester à la porte” de cet Art et l’apprécier comme une parenthèse émerveillée.

La chanson de Hozier se démarque en ce moment dans mes playlists. Je trouve le sujet délicat, évoquant une facette douloureuse du fait religieux. J’ai tendance dans ma vie à quotidiennement séparer le message spirituel du dogmatisme formel. La raideur qui accompagne le souci d’instaurer, de répandre me rend généralement méfiant.

En ces temps de peurs, jalonnés d’extrémismes divers, j’apprécie l’idée d’un monde devenu grand par ses différences saluées. Un monde étrange et immense, cependant en paix. Mûr pour soutenir tous les paradoxes du vivre.

Mûr de pouvoir faire de toute spiritualité vécue un espace multidimensionnel où l’homme se cherche, se trouve et s’oublie sans crainte.

On m’a un jour défini le merveilleux comme la gratitude qu’on peut éprouver envers les mystères de la vie.
Quel mystère qu’aimer plus fort que soi, plus fort que le rituel, plus fort donc que la sécurité du groupe et les valeurs communes. Quel mystère quand l’autre nous rend plus fort que le nombre, souvent étrangement réducteur.
Quand l’autre devient temps et espace distinct, plénitude créative.

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