… Parce que la danse me semble la récompense de l’artisan quel que soit son art, un état de grâce qui ne s’obtient qu’en suivant les voies mystérieuses de sa passion.
La danse est à mes yeux cet état situé au dessus de la violence (toutes ses formes).
“La vacuité, si pleine de tout…”
Coll. Nouvelles encres de Philipp Chekler, des œuvres et un site à visiter.
Proportions, espace et temps.
Calme après la tempête
Regardez un grand potier, avec quelle finesse et fluidité il fait se mouvoir ses mains pour donner un produit remarquable.
Regardez un peintre ou même ce balayeur anonyme, dans une ruelle anonyme: combien son geste précis renseigne peut être plus sur lui-même que ses propres dires!
Regardez cet enfant jouer seul, à rouler, tourner sur lui-même: danse de vie.
Regardez le spadassin, faisant filer dans l’air les mouvements subtils de son arme, danse magnifique pourtant danse de mort.
Dans ce monde sacré d’espace et de temps, la danse me semble l’optimum parfois difficile à conquérir, mais qui n’est pas une souffrance pour ceux animés d’un feu qui s’appelle “plaisir de vivre”, “bonheur d’apprendre”, “rage de vaincre”, se vaincre soi et jouer avec les évènements.
A travers nos maladresses, qu’il est bon de se dépasser pour toucher un jour les portes de la légèreté, cette danse issue du savoir-faire où le corps semble devenir cet “instrument de musique dans lequel le Tout peut enfin jouer”.
Enfin parce que ce Tout immense, cet espace infini dans lequel tout se joue sans préférence, il faut bien lui donner un son et quelques lettres, pour y tourner quelques instants notre attention.
Certains le nomment Dieu, d’autres la Nature, Allah, Yahvé, Brahma, d’autres ne le nomment pas.
Certains l’ont nommé “principe”,”voie”, “mouvement”.
J’apprécie de le nommer mouvement et j’apprécie le pictogramme “Tao”.
Danser à sa manière, sur les chemins du monde.
Ce blog est de fait tourné vers l’art qui ne sait pas se limiter, là où limite est arrêt du mouvement.
Un art métissable qui se retrouve à tous coins de rue et tout bout champ.
Marcher peut-être un art, parler peut-être un art, simplement rester là et ne rien faire peut-être un art. Pascal disait que l’impossibilité d’être immobile causait toutes les guerres, le Zen dit qu’être assis, c’est avoir tout l’univers en soi.
D’où que vous soyez, le monde est une sphère sans bord et tout est possible, alors: il ne reste plus qu’à se mettre en mouvement.
Danser à sa manière sur les chemins du monde.
Voilà une danse et quelques autres esquissées..
